Matière Grise

Opération culturelle soutenue par la région Ile-de-France dans le cadre de l’initiative « La science pour tous ».

 

Intervenant-e-s :
journalistes scientifiques

Chargés de projets :
Lucille Negre, Florise Pagès, Mathieu Marion

 

Objectifs :
Cette démarche a été imaginée pour que des élèves, familiers ou non de la presse dite « scientifique », puissent réfléchir ensemble aux conditions de ce média. En effet, dans une démocratie, c’est aux citoyens et à leurs représentants qu’il revient de décider de la manière dont les nouvelles connaissances et les nouvelles technologies doivent être mises en œuvre dans l’intérêt de tous. Pour cela, il est nécessaire que le public le plus large dispose de sources d’information à la fois objectives et pertinentes, sachant traiter avec la même rigueur les progrès de la science et les éventuels dangers de ses applications. Dans ce cadre, l’information scientifique, qu’elle provienne des revues, des pages de grands quotidiens ou de sites en ligne spécialisés, est un passeur essentiel. « Matière grise » est aussi conçue de manière à ce que les lycéens participants puissent nourrir leurs réflexions en expérimentant le travail nécessaire et particulier que réclament le journalisme et la rédaction : qu’est-ce qu’informer et que faut-il entendre par actualité ? Comment parler d’une recherche souvent compliquée et a priori éloignée du grand public ? Comment faire parler les faits, trouver les bons angles et comment définir un style à la fois accessible et faisant preuve d’exactitude ? On soulignera enfin que cette démarche est l’occasion pour les élèves de plonger de façon active et privilégiée dans la recherche francilienne, en prenant pour cela les « Domaines d’Intérêts Majeurs » soutenus par la région comme terrain d’enquêtes et de reportages (visites de sites, rencontres avec des chercheurs, analyses de données).

Atelier :
Traduire la science ?
Que faut-il entendre par médias « spécialisés en sciences » et qu’en est-il aujourd’hui du métier de ces journalistes (quelles sont leurs contraintes, sur quels supports travaillent-ils, et quels rapports ont-ils à la vérité) ? Des exemples variés sont sélectionnés et analysés avec les élèves. Ensuite, à partir d’une série d’articles et reportages déjà publiés par l’intervenant, les élèves décortiquent les qualités nécessaires à ce genre d’exercice. La classe est enfin associée au sujet qu’elle devra traiter : cette année, les élèves doivent enquêter sur des domaines de recherche qualifiés d’intérêt majeur (DIM) : quels en sont les enjeux, les objectifs et les retombées pour la société ? Quels sont leurs moyens, leurs difficultés, etc. A titre d’exemples, les classes pourront choisir des établissements scientifiques travaillant sur des programmes aussi différents que les innovations mathématiques, les conditions d’apparition de la vie, les nouvelles thérapeutiques, les infections, les questions de vieillissement ou de réseaux informatiques.

Comité de rédaction
Les élèves recherchent des sources de différentes provenances pour dresser un premier portrait du programme scientifique choisi : son ou ses lieux, ses spécialités, ses équipes, ses découvertes passées, ses instruments, son fonctionnement, etc. Répartis en groupes, les élèves rassemblent des données, sélectionnent les plus pertinentes, formulent des questions. Une journée est ensuite organisée sur l’un des sites du laboratoire (visite des équipements, rencontre avec les équipes). La classe peut maintenant définir une liste d’angles et d’articles possibles ; on constitue les équipes de rédaction, on mentionne les personnes du laboratoire à contacter et on établit un calendrier. Cette seconde phase s’achève avec les premières interviews (par mail, par téléphone).

La fabrique de l’information
Maintenant, les élèves peuvent développer leurs idées sous la forme d’articles ou de reportage aboutis. Chaque fois, les équipes présentent leurs projets à l’intervenant : validation des angles, échange de propositions, choix des styles (articles de fond, interviews, polémiques) et des supports (papier, vidéo, audio, etc.). Les différentes ébauches sont d’abord discutées au niveau de la classe puis retravaillées par les groupes respectifs. Chaque fois, au terme de ce travail, les projets finalisés sont diffusés au sein de l’établissement des élèves : sont ainsi proposés des analyses, des reportages, des témoignages ou des portraits d’une recherche en train de se faire.

 

Photos: DAMIEN DELDICQUE, JÉRÔME AUBRY & ALEXANDRE SCHUBNEL, LABORATOIRE DE GÉOLOGIE DE L’ENS PARIS. 

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