Les populations fantômes

Depuis 2009, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis soutient « la Culture et l’Art au Collège (CAC) ». Cette démarche repose en grande partie sur la présence, en classe et pendant plusieurs semaines (40h), d’un artiste ou d’un scientifique ayant pour mission d’engager les élèves dans un processus de recherche et de création.

 

Intervenant-e-s :
Archéologues

Chargée de projet :
Lucille Negre

 

Objectifs :
Reconstituer patiemment les conditions de vie d’un individu et d’une population à travers l’étude de ses sépultures, tel est le programme de l’archéologie funéraire et telle est l’ambition de cette démarche. Un site de fouilles a été sélectionné sur le territoire de la Seine-Saint-Denis : à Bobigny, la plus grande nécropole du IIIe siècle d’Europe a été mise au jour entre 2002 et 2003 sur l’actuel site de l’hôpital Avicenne. Les élèves disposent d’un accès privilégié à la collection issue de la fouille qu’il s’agira d’analyser dans un aller-retour entre la classe et les laboratoires, afin de révéler un profil de la population inhumée.

Atelier:
Six pieds sous terre.
Les élèves se rendent en laboratoire afin d’analyser le mobilier funéraire issus de la fouille : stèles, tombeaux et objets accompagnant le mort.  De retour en classe, ils analysent à l’aide de plans et de relevés la manière dont l’espace de la nécropole a été organisé (répartition et alignement des tombes, orientation et position du défunt). Réunis, ces éléments racontent le traitement du mort et les rituels funéraires.

Tomber sur un os
L’étude des ossements nous donne davantage d’informations sur l’identité du défunt. Age, sexe, éventuelles pathologies, cause de la mort, sont autant d’informations que l’on peut y lire. En classe, l’intervenant montre la manière dont les os du bassin nous indiquent le sexe de l’individu, tandis que l’on peut estimer son âge en observant la croissance de ses os. En laboratoire, la classe découvre la précision des technologies de datation. L'étude de chaque individu finit par donner une image globale de la population. 

Ce que les morts ont à nous dire
Il est temps de recourir aux outils de la paléodémographie : lorsque l’on croise les données de l’étude du matériel et du biologique, on obtient une base statistique qui met en valeur les caractéristiques de la population étudiée. À la classe de tirer des hypothèses à partir de cette base de données : quelle était l’espérance de vie de la population ?  Avait-elle accès au soin ? Était-ce une période de conflit dans la région ? Les élèves ont désormais accès à un contexte socio-économique qui ,comparé à d’autres populations, permet de produire des réflexions sur les dynamiques d’aujourd’hui, à la lumière des conditions d’hier.

 

Collèges :
- PABLO NERUDA, GAGNY
- SAINT EXUPÉRY, NOISY LE GRAND
- JEAN DE BEAUMONT, VILLEMOMBLE
- SIMONE VEIL, AULNAY SOUS BOIS

 

Photos: DAMIEN DELDICQUE, JÉRÔME AUBRY & ALEXANDRE SCHUBNEL, LABORATOIRE DE GÉOLOGIE DE L’ENS PARIS. 

Les populations fantômes
Les populations fantômes