Fouille aux corps

Depuis 2009, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis soutient « la Culture et l’Art au Collège (CAC) ». Cette démarche repose en grande partie sur la présence, en classe et pendant plusieurs semaines (40h), d’un artiste ou d’un scientifique ayant pour mission d’engager les élèves dans un processus de recherche et de création.

Intervenant-e-s:
archéologues

Chargée de projet:
mariette gaillard

 

Objectifs:
Les tombes sont une aubaine pour l’archéologue. Elles renseignent sur l’identité des disparus. En prenant appui sur trois sépultures remarquables issues de la fouille de la nécropole de Bobigny, les élèves sont invités à comprendre comment le statut social d’un individu (guerrier, musicien, artisan) peut être mis au jour grâce à l’étude des tombes et du mobilier présent à l’intérieur de celles-ci.

Étudier la mort pour comprendre la vie
Pour quelles raisons fouille-t-on une nécropole ? A l’aide de textes, d’images, l’intervenant montre aux élèves comment les archéologues ont remis la personne, ou son squelette, au centre de leurs recherches. En échangeant avec le groupe sur ces enjeux, il s’agit d’aborder les questions déontologiques et éthiques posées par l’archéologie funéraire.

Necropolis
En classe, le groupe observe la manière dont l’espace de la nécropole de Bobigny a été organisé : répartition, alignement, orientation des tombes et la place qu’occupent « leurs trois sépultures » à l’intérieur de celle-ci. Ces données sont comparées à d’autres nécropoles issues de différentes époques (mérovingienne, grecque antique ...) ; l'emplacement de la tombe est révélateur : à l'écart des vivants ou pas, avec des personnes de même condition, âge ou sexe, ou au contraire dans une nécropole hétéroclite.

Tomber sur un os
Les élèves se rendent au laboratoire et découvrent les trois tombes qu’ils vont devoir patiemment analyser :  description de la sépulture (forme, mode d’inhumation, position du corps), des objets accompagnant le mort (parures, bracelets, lances…). Avec l’analyse des ossements, la classe expérimente la manière dont ils deviennent sources d’informations (âge, sexe, éventuelles pathologies, cause de la mort). Permettant in fine au groupe de comprendre comment, réunis, tous ces éléments dressent le portrait d’un défunt, reconstituent les gestes et les rituels qui lient les vivants et les morts.

D’hier à aujourd’hui
L’observation de la diversité des rites funéraires et de l’évolution de notre rapport à la mort au fil des époques permet de produire des réflexions sur les pratiques d’aujourd’hui à la lumière des conditions d’hier. A la toute fin, les élèves sont invités à dresser autant de parallèles que possible entre ce qui se fait aujourd’hui et le cas ancien de « Bobigny ». 

LE COURS DES CHOSES

Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.