Nuire en substance

Depuis 2009, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis soutient « la Culture et l’Art au Collège (CAC) ». Cette démarche repose en grande partie sur la présence, en classe et pendant plusieurs semaines (40h), d’un artiste ou d’un scientifique ayant pour mission d’engager les élèves dans un processus de recherche et de création.

Intervenant-e-s:
chimistes associé-e-s à des sociologues

Chargée de projet:
Florise Pagès

 

Objectifs:
Aider les élèves à comprendre les pesticides eux-mêmes : pour cela, conduire une analyse parmi les principales substances utilisées dans l’agriculture, suivre les traces que les pesticides laissent dans la terre, dans le vivant, dans l’air, dans les fruits etc. Cette enquête fait référence à l’arrêté de décembre 2019 établissant des zones de non-traitement (ZNT) visant à protéger les riverains, mais contre lequel les partis opposés s’insurgent. Accompagnés d’un chimiste et d’un sociologue, les élèves tentent de rendre compte des processus de transformation à l’œuvre avec les pesticides, au niveau des molécules comme de l’environnement, pour le meilleur et pour le pire.

Rendre visible
Qu’appelle-t-on les pesticides ? Comment sont-ils appliqués et sur quelles cibles? Avec le chimiste, la classe décortique la fiche technique de pesticides pour lister les composants de leur formulation (agents actifs, adjuvants, diluants…) et saisir leurs propriétés physico-chimiques et effets de synergie. Puis les élèves observent les mécanismes d’action de ces matières actives sur des insectes ou des plantes (traitées avec un seul pesticide, avec un cocktail ou sans pesticide) dont ils comparent le comportement (mesures, vivacité, pigmentation), photographies à l’appui. Au terme d’une première synthèse, ils définissent les situations dans lesquelles ces produits protègent et améliorent, ou tuent.

Zone de Non Traitement
En agriculture, un arrêté et un décret tentent de protéger les riverains de l’épandage de pesticides en délimitant une zone de séparation. Accompagnés par un sociologue, les élèves se rendent sur l’une de ces ZNT durant leur sortie, pour voir comment elles sont mises en œuvres ou pas, la variation de leur distance selon les contextes, les usages qui en sont fait. Au préalable, par groupes, les élèves décident d’une figure parmi les acteurs de ce dispositif (maire anti-pesticides, riverain, familles, ONG, FNSEA...) dont ils recueillent le témoignage, préparent un questionnaire et lui soumettent pendant la rencontre sur le terrain. La classe trie et analyse les réponses, soulève des problématiques, et pistes de réflexion.

Indirectement
Pour faire parler les échantillons recueillis sur le terrain (eau, sol, cheveux, insectes) prélevés lors de la sortie à divers endroits, le chimiste abordent les modes de dispersion, la rémanence, et les résidus de pesticides. Grâce à la microscopie, à des marqueurs et à la spectrométrie, la classe cherche aussi des traces sur l’homme, comme l’altération de l’ADN d’une cellule exposée. Si les riverains sont touchés, la population générale l’est aussi : la classe analyse cette fois des produits de leur quotidien (purée de la cantine, anti-poux, pluie…) et s’appuie sur des traitements statistiques. Toute la chaîne est remontée, du champ à leur assiette, pour comprendre comment les pesticides s’accumulent, persistent, s’éliminent, les risques de transfert et contamination.

 

LE COURS DES CHOSES

Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.