Le Chant du coq

Depuis 2009, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis soutient « la Culture et l’Art au Collège (CAC) ». Cette démarche repose en grande partie sur la présence, en classe et pendant plusieurs semaines (40h), d’un artiste ou d’un scientifique ayant pour mission d’engager les élèves dans un processus de recherche et de création.

Intervenant-e-s:
plasticien-ne-s sonores / documentaristes radio

Chargée de projet:
Mariette Gaillard

 

Objectifs:
Cette démarche s’intéresse aux sons des campagnes, à ces bruits que certains maires tentent de faire entrer au patrimoine immatériel de l’Unesco. Qu’il s’agisse du son des fermes, ou de celui que l’on trouve dans les champs, que nous racontent-ils de la vie qui s’y déroule, de la différence entre ville et campagne aujourd’hui ? Invitées à réaliser une série de reportages sur un même lieu qu’elles viendront « épuiser », les classes vont se succéder au fil des saisons, écouter, enregistrer, analyser, et surtout tisser des récits d’expériences sonores. 

Le rural et le sonore
Qui sont les « chasseurs de sons » et comment travaillent-ils ? Les élèves découvrent cet univers particulier depuis les formats et les techniques utilisés - field recording, paysage sonore, documentaire – également à travers des questions : peut-on tout enregistrer, même un ciel étoilé ? Comment ramener de la durée, de la présence grâce au son ? De quelles connaissances l’oralité est-elle le vecteur ? Comment tirer profit de l’absence d’images ? Etc. Dans un second temps, les élèves sont sollicités sur leur vision et leur expérience du monde rural ; des sources sur le sujet – films, reportages, images, sont commentées en classe.

Interviewer les fontaines
La classe prépare son terrain sonore, autrement dit le village où elle va se rendre : les élèves rassemblent des données, des « scénarios » sont établis, un plan d’enregistrement est prévu (lieu, personne, style). Sur place, les élèves sont en immersion. Répartis par binômes, chaque couple doit suivre à la fois son programme (entretiens et visites de sites) et se rendre disponible pour saisir l’imprévisible : la grêle, une discussion de chasseurs, un tracteur qui passe, un carillon, un souvenir raconté, un âne qui brait. A la fin de la journée, les groupes répertorient méthodiquement tous les enregistrements obtenus.

Faire parler les sons
De retour en classe, les élèves doivent s’atteler à donner forme à leur projet documentaire à partir des sources enregistrées et transformer le réel capturé. Dans une durée de 20 à 30 minutes, ils doivent mixer leurs enregistrements avec d’autres sources sonores (musique, archives…) pour emmener les auditeurs là où eux sont allés selon le synopsis établi ensemble. L’intervenant se met au travail avec les élèves sur un logiciel de montage, et ensemble ils trient, coupent, associent, font des transitions en gardant en tête les codes de la production radiographique finale.

 

LE COURS DES CHOSES

Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.