L'enfant sauvage

Depuis 2009, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis soutient « la Culture et l’Art au Collège (CAC) ». Cette démarche repose en grande partie sur la présence, en classe et pendant plusieurs semaines (40h), d’un artiste ou d’un scientifique ayant pour mission d’engager les élèves dans un processus de recherche et de création.

 

Intervenant-e-s:
Écrivain-ne associé-e à un-e linguiste

Chargé de projet:
mathieu marion

 

Objectifs:
La langue reflète-t-elle les êtres qui la parlent ? Si les adolescents possédaient un langage propre, cela pourrait-il refléter une réalité adolescente particulière ? Pour répondre à ces questions, un détour par la fiction est proposé à la classe. A partir d’une situation imaginaire « un monde où les adultes ont expurgé la langue de toutes expressions des sentiments, un groupe d’adolescents invente un langage secret » les élèves sont amenés à créer une langue imaginaire, et à réfléchir le vécu adolescent.

Du babil à Babel
Comment définit-on une langue ? À partir des langues parlées par le groupe, celles apprises à l’école ou parlées par les élèves, le linguiste montre comment nos modes de communication se sont fabriqués. En analysant certaines des langues imaginaires emblématiques (Novlangue, Laadan…) on interroge le rapport entre langage et fiction pour ensuite entrer de plain-pied dans l’invention. L’un des éléments les plus importants pour la création d’une langue est le système de sons. Afin d’opérer les bons choix et accompagnés par l’écrivain, les élèves interrogent les grandes questions « adolescentes », il va s’agir d’imaginer des personnages, réfléchir leurs aspirations, leurs colères et associer à ces premières spéculations à des types de sonorité. De nombreux exercices sont proposés pour construire cette phonétique imaginaire : enregistrement de voix, doublage, lecture sont au programme.

Lingua nova
Pour traduire cette matière en mots, les élèves doivent définir leur propre système d'écriture : utilisation d’un alphabet existant, de pictogrammes, de symboles ? Avec l’aide de l’écrivain, ils précisent le rapport de ces adolescents avec les adultes, les contraintes qui pèsent sur eux : les premiers mots de vocabulaire apparaissent, bientôt enrichis de nouveaux termes, de nouvelles significations. Ce premier matériel est repris ensuite avec le linguiste pour en modifier la syntaxe, jouer sur l’ordre des mots, supprimer les adjectifs ou les déterminants. Libre au groupe de donner à sa langue la forme qu’il souhaite, d’en créer, les mots, les règles et les exceptions. Petit à petit, ce processus croisé entre écriture et analyse vient donner sa forme à la langue inventée. Mise en commun, cette matière forme la chair de la langue construite par la classe, sorte de reflet fictionnel de leurs rapports à l’adolescence.

LE COURS DES CHOSES

Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.