L'art d'envoyer

Depuis 2009, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis soutient « la Culture et l’Art au Collège (CAC) ». Cette démarche repose en grande partie sur la présence, en classe et pendant plusieurs semaines (40h), d’un artiste ou d’un scientifique ayant pour mission d’engager les élèves dans un processus de recherche et de création.

 

Intervenant-e-s:
ARTISTES, AUTEURS

Chargée de projet:
FLORISE PAGÈS

 

Objectifs:
Malgré́ l’omniprésence des mails et des sms, les échanges « postaux » n’ont pas disparu. La spécificité́ et la nature du contenu, associées à la personnalité́ du destinataire visé, méritent chaque fois un support créé à la mesure de l’envoi. Au risque des règles du cheminement postal, les élèves sont invités à tester les attendus du Mail Art. 

Ray Johnson
Après un premier éclairage sur le Mail Art, sa place dans l’histoire de l’art, ses artistes et caractéristiques, l’intervenant pose un contexte pour déclencher une situation d’écriture (toutes les classes s’écrivent entre elles) et définit les contraintes (de quoi va-t-on parler, à quelle fréquence, attend-on une réponse… ?). Puis il lance une requête aux élèves qui doivent rapporter un panel d’enveloppes/ cartes usagées (trouvées chez eux, courrier administratif du collège, achetées…) sur lesquelles ils vont s’exercer.

Comme une lettre à la poste
Le groupe se rend d’abord dans un bureau de poste demander ce qu’il est possible de faire ou pas en termes de dimensions, matériaux, temps de circulation… et en profite pour s’informer sur les modalités pour faire imprimer son propre timbre. De retour en classe, vient le moment de fabriquer les supports de la correspondance en s’inspirant de l’aspect subversif du Mail Art : détourner les enveloppes, en faire à la main, les décorer avec des matériaux peu coûteux et différentes techniques (collage, pochoirs, impressions, peinture…), écrire sur des objets du quotidien, réfléchir au parcours que l’on veut leur faire faire etc. De nombreux objets en 2D ou 3D voient le jour. Puis l’intervenant les initie à la fabrication de leurs propres tampons qui viendront terminer de personnaliser leurs courriers. 

Réseau pirate
Une seconde période d’expérimentations, écrites cette fois, débute à travers une multitude d’exercices qui jouent avec la volonté propre à l’art postal de créer un réseau à soi : réécrire une adresse, inventer des pseudos, codifier un langage, créer des protocoles qui mettent le facteur à contribution, faire coexister plusieurs récits pour plusieurs destinataires sur un même objet. Une fois les choix des uns et des autres arrêtés, individuellement les élèves transposent leurs textes sur les objets réalisés plus tôt ; une attention particulière est portée à la qualité graphique de la production écrite et la manière dont elle prend place sur son support. Lorsqu’enfin les courriers sont prêts, ils vont les poster. Avant chaque envoi, les élèves font une capture photo de leur production et archivent méthodiquement leurs détails techniques. Au fil des retours et des envois, les tests se poursuivent et évoluent.

 

Photos: Ces images sont issues d'une série débutée en 2016 par le photographe NICOLAS SILBERFADEN lors de ses marches en remontant les bords de Seine.

L'art d'envoyer
L'art d'envoyer
L'art d'envoyer

LE COURS DES CHOSES

Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.