Intervenant-e-s:
BERTRAND PLEVEN, GERARDO PERFORS, CHARLES MARQUES / GÉOGRAPHES
Chargée de projet:
FLORISE PAGèS
Atelier
Objectifs :
Depuis quelques années, les géographes se penchent sur le cinéma ; les films deviennent ainsi le support d’analyses et d’études. En s’aidant d’extraits de films ayant pris des lieux du 93 comme décors réels, l’intervenant a montré à la classe comment on peut qualifier géographiquement des paysages et des territoires filmés. La classe a alors mené des analyses de terrain, d’une part, pour expérimenter comment la géographie explore les réalités d’un espace, d’autre part, pour approfondir à partir de ces exemples la manière avec laquelle le cinéma fabrique ses propres espaces urbains
Faire un détour par le cinéma
Au départ de la démarche, un échange assez libre sur les pratiques cinématographiques des élèves a ouvert le débat: qui va au cinéma et pour regarder quel genre de film ? Les élèves regardent-ils plutôt des séries, à la télévision en famille, sur leur téléphone, leur ordinateur, seuls ou entre amis… ? Puis les thématiques de la géographie qui allaient constituer le fil rouge de ce projet se sont invitées dans la discussion et ils se sont demandés si les flux migratoires, la mondialisation, la construction des espaces périphériques et la métropole étaient représentés au cinéma et comment ? Le groupe a ainsi visionné un échantillon de films connus des élèves (Bande de filles, La la land…) ou pas ( Les Lumières de la ville…) dans lesquels ces thèmes apparaissaient, en s’interrogeant sur les savoirs géographiques que ces films produisent, ou comment le cinéma enrichit la géographie en apportant des éléments culturels et vivants qui la renseignent. Les élèves ont par exemple cherché dans une scène de ville, d’un embouteillage, tournée sur une esplanade, les indices qui racontaient le territoire et ses évolutions, les motifs récurrents de la banlieue qui n’apparaissent pas à l’écran, la manière d’amplifier les divisions Nord/Sud, centre/périphérie, dominants/dominés. Ils ont essayé d’identifier les procédés utilisés (plan large /rapproché, fash-backs, travelling, images de synthèses) pour se rendre compte de ce que l’alliance de la technique et l’image arrivaient à faire passer comme information. Une publicité dépeignant le renouveau industriel de Détroit, ou un embouteillage à l’entrée de Los Angeles sont alors devenus des documents que les élèves ont décryptés par le prisme du déclin économique, de la gestion des flux de transport ou de l’étalement urbain. Accompagnés de leur intervenant, les classes ont croisé ces sources nouvelles avec les outils classiques de la géographie, textes, cartographies, plans mais aussi statistiques et études pour tisser des liens de complémentarité entre les deux disciplines, pertinentes pour penser le monde.
Promesse d’un voyage
Les groupes se sont ensuite rendus sur des lieux qui accueillent régulièrement des tournages pour le cinéma : La Cité Internationale Universitaire de Paris, et la Galerie de la Paléontologie du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. En prenant appui sur des extraits de films visionnés au préalable en classe, « Harry Potter », ou « Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec », respectivement filmés sur ces deux sites, les élèves ont mené une véritable enquête sur place. Ils ont bien sûr comparé la représentation du film et la réalité du terrain, en s’arrêtant sur tous les éléments de décor rajoutés ou masqués, sur les écarts d’époque, de style architectural, en s’interrogeant sur la symbolique des lieux ; puis ils ont analysé ces coins de la métropole parisienne à travers une approche plus sensible, pour initier une réflexion sur les ambiances urbaines, les modes d’habiter, la frontière du périphérique... Dans leur carnet, les élèves ont noté tout ce jeu entre l’espace réel qu’ils ont confronté aux films ; ils ont pris des photos pour documenter ce terrain et ont également recueillis des témoignages (ceux d’étudiants, ou celui du responsable des tournages au MNHN), ont noté leurs déplacements sur une carte, et leur ressenti des lieux aussi. D’autres élèves ont visité les studios TSF d’Epinay-sur-Seine, entre deux tournages d’une série sensée se dérouler entre Paris et New-York ; l’occasion pour eux de découvrir la construction des décors, les trucages et métiers qui permettent au cinéma de fabriquer ses propres paysages, villes, et espaces.
Partager :
Pour finaliser le projet, les classes ont rassemblé une sélection de contenus, sorties, de références analysés et documents produits, qu’ils ont disposés dans des vitrines. Chacune d’elle était commentée de légendes, textes, souvenirs ou questions soulevées par les élèves, ainsi que des pages de leurs carnets de terrain. Ces vitrines, accessibles au CDI des établissements pendant plusieurs semaines, ont permis aux élèves de présenter leur projet aux autres classes et à l’ensemble de l’équipe pédagogique, en leur expliquant comment qualifier géographiquement des paysages et territoires filmés.
Remerciements : Merci à Pierrick Pescher pour son partage d’expérience à la GPAC, merci aussi aux équipes de TSF pour avoir autorisé le groupe à visiter les studios d’Epinay-sur-Seine.
Sorties :
- La Cinémathèque Française, Paris
- La Cité Internationale Universitaire de Paris
- La Galerie de la Paléontologie et de l’Anatomie Comparée, Paris
- Les Studios de Cinéma TSF, Epinay-sur-Seine
Collèges :
- Classe de 3è3 du collège Robespierre, Epinay-sur-Seine
- Classe de 6èD du collège Simone Veil, Aulnay-sous-Bois
- Classe de 6èF du collège Jacques Prévert, Noisy-le-Grand
Scénographie : Elodie Descoubes
Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.