Intervenant-es:
BASTIEN LAMBERT/ DOCUMENRATISTE SONORE, ANNA LEJEMMETEL / ARTISTE-EDITRICE, SOPHIE HOUDART/ ANTHROPOLOGUE, STÉPHANE SAUTOUR/ ARTISTE
Chargé-e-s de projet:
MARIETTE GAILLARD, MATHIEU MARION, FLORISE PAGÈS
Objectifs :
Partant du constat que rien ne laisse paraître le risque d’un accident nucléaire sur le site de La Hague en dehors de la sirène d’alarme de la centrale qui retentit tous les 1ers mercredis du mois, comme pour ne pas oublier, le projet s’est construit autour de l’idée de recueillir l’identité sonore de la Hague. Avec les étudiants, il a ainsi été question d’enregistrer, depuis une multitude de points d’écoute, un même évènement sonore (la sirène d’exercice de la centrale nucléaire) mais aussi de rassembler la diversité de paysages sonores qui composent La Hague, pour en restituer un portrait pluriel.
Atelier:
En amont du terrain dans le Cotentin, le groupe d’étudiants a découvert en classe le projet porté par le collectif, les manières dont ses membres mettent en contact leurs disciplines, le choix de la Hague et ce que l’on attendait d’eux. Accompagnés par Bastien Lambert, ils ont alors construit des émetteurs qui allaient servir à la fin du projet à diffuser leurs futures capsules audio, et des micros hydrophones qu’ils plongeraient dans l’eau.
Ainsi équipés, ils ont pris le train pour Carentan d’abord, afin de faire l’expérience en kayak des marais du Cotentin, dont on dit qu’ils doivent servir à isoler le Cotentin du reste de la France, en cas d’incident nucléaire. Ils y ont enregistré l’eau, les oiseaux et le silence. Pendant les 3 jours qui ont suivi, ils se sont rendus à Goury, ont marché le long des côtés depuis le Tunnel de la Laye jusqu’au Nez de Jobourg, ont visité l’ANDRA (centre de stockage des déchets de la Manche), se sont baladés dans les champs, ont interviewé leur hôte, discuté avec les chauffeurs de car successifs qui avaient tous travaillé à la centrale d’Orano, avec Sophie Houdart, avec Laura Molton, artiste et habitante, ils ont participé à un atelier de cartographie sensible, avec Anne Lejemmetel, rendant compte de leurs vécus sur place et ont ainsi dessiné les vents, la mer, qu’ils ont enregistrés également. A la fin du séjour, le groupe a pu profiter de la visite de l’exposition « Presqu’îles, La Hague – Rokkasho-La Hague », au centre d’art et éditeur, Le Point du Jour, à Cherbourg. Tout au long de ce terrain, les étudiants ont dû effectuer un petit exercice quotidien : enregistrer quelques phrases sur la journée passée, à la manière d’un carnet de bord ou d’un journal, seul ou à plusieurs. Ces interludes se sont mêlés à la multitude d’enregistrements récoltés.
Au final, cet cartographie sonore et graphique est devenue le portrait de La Hague comme ils l’ont vécu, à la fois très beau, intense et défiguré, et traversé par de nombreux acteurs aux points de vue diverses qui doivent tous faire avec le nucléaire. Un portrait qui donnait à voir la présence diffuse du nucléaire sur le site. Ni le pour, ni le contre, mais le milieu dans lequel tous se comportent.
Partager :
En fin d’année, le travail mené pendant les quatre jours de terrain a été restitué dans l’école, devant l’équipe enseignante et des étudiants invités, sous forme d’un parcours ponctué de textes lus par les étudiants, de 4 capsules audio diffusées grâce aux émetteurs fabriqués par les élèves et activés par eux, de kakemonos et carnets exposant leurs dessins et prises de notes.
Remerciements : Merci à Simon Cervantes qui a accueilli le groupe et a partagé son expérience du nucléaire, merci aussi à l’équipe du Point du Jour à Cherbourg pour la visite de l’exposition, et à Laura Molton pour la discussion autour de son travail.
Lycée:
- CLASSE de 1ère année Métiers d'arts et du design du lycée Cotton, de Montreuil
Photos:@Antoine Dumont
Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.