Un pour tous

Depuis 2009, le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis soutient « la Culture et l’Art au Collège (CAC) ». Cette démarche repose en grande partie sur la présence, en classe et pendant plusieurs semaines (40h), d’un artiste ou d’un scientifique ayant pour mission d’engager les élèves dans un processus de recherche et de création.

 

Intervenante:
Audrey doyen/ sociologue de la culture

Chargée de projet:
Florise Pagès

 

Objectifs:
Grâce au 1% artistique, se trouvent dans les collèges des œuvres d’art en contact permanent avec leur public ; ce projet visait à créer la rencontre entre les deux. Or pour parler et regarder une œuvre, il n’y a pas de voie unique. Chacun est libre de développer son propre cheminement et de se comporter face à elle comme il l’entend ; mais il existe aussi des dispositifs qui ont été balisés et testés par les historiens de l’art qui peuvent servir de guides à des collégiens qui cherchent leur chemin dans l’art contemporain. En piochant dans ces méthodes d’enquêtes, la classe a débroussaillé le terrain jusqu’à élaborer sa propre recette.

A quoi ça sert ?
L’intervenante a d’abord demandé aux élèves s’ils savaient qu’il y avait une œuvre (dispersée en de nombreuses occurrences) dans l’établissement, puis les a emmené à sa rencontre afin de procéder à un état des lieux technique de l’œuvre (emplacement, état, cartel, documentation, matériaux…). Enfin, un travail de recherche a été mené sur l’artiste, Boris Achour, et sur l’œuvre littéraire à laquelle il a fait référence pour la création de ce 1% artistique, à savoir « Alice au pays des merveilles »,  pour en comprendre son intention et le contexte dans lequel elle s’inscrit. L’occasion d’en lire des extraits, d’en découvrir une exposition qui lui est consacrée au même moment à Londres, et de discuter des formes esthétiques que ce livre revêt ici.

Absurde
La classe a ensuite préparé une enquête sous forme de questions à poser à d’autres élèves, à des enseignants, à leurs parents sur la présence de cette œuvre au collège, sur ces objets qui traduisaient l’absurde et le merveilleux, sur la manière dont on garde le souvenir de quelque chose… Après une mise en commun des résultats, l’intervenante a interrogé les élèves sur ce que cette œuvre leur fait, ou pas, ce qu’elle convoque de leur culture (étrangère pour l’ensemble des élèves, puisqu’il s’agit d’une classe d’accueil). 

Après vous
Du fait de la place centrale pour cette classe des langues, l’outils de médiation qui a été imaginé autour de l’œuvre fut assez naturellement une balade audio. Pour les élèves, il fallait réussir à intégrer les connaissances acquises et produites lors des deux premiers temps de l’atelier (en français et en sur l’œuvre), et y greffer leurs propres réactions face à cette œuvre, avec laquelle ils avaient désormais créé un lien singulier. Après avoir préparé leurs textes en français et dans leurs langues maternelles, les élèves ont passé une demi-journée dans un studio d’enregistrement à compiler cette matière, pensée comme autant de cheminements possibles jusqu’aux œuvres.

Partager:
Au mois de juin, des visites sont organisées par les élèves pour présenter l’œuvre aux futurs 6 èmes, aux autres élèves de l’établissement et aux parents : balisées par des cartels avec un QRcode à scanner aux différents endroits où sont installées les oeuvres, les balades dans le collège se faisaient dans n’importe quel sens, scandées par des pauses où l’on s’installait pour écouter et parfois découvrir pour la première fois une œuvre cachée dans un coin, ou au contraire tellement présente qu’elle en était devenue invisible au quotidien. Les élèves, médiateurs, étaient là pour enrichir ces visites et répondre aux éventuelles questions.

 

Sortie :
- Studio d’enregistrement du groupe LAPS, à Montreuil : durant 4 heures, les élèves étaient affairés à enregistrer individuellement, dans plusieurs langues, leurs textes, tout en découvrant le métier d’ingénieur du son et le matériel technique nécessaire. Les élèves ont également été sensibilisés sur les bruits ou la musique qui seraient rajoutés ensuite, les extraits provenant de textes d’intention de l’artiste, ou du livre de Lewis Carroll, de l’introduction et la conclusion de ces balades. La classe a ensuite visité une exposition d’art contemporain « Fil du temps, connexions textiles » au Centre Tignous, de Montreuil, guidée par une médiatrice, qui les a sollicités sur les matériaux, les pratiques contemporaines et œuvres en présence.

Collège :
- classe UPE2A du collège Jean Jaurès, à Saint-Ouen

 

Photos: F93
Graphisme: ELODIE DESCOUBES

Un pour tous - saison 2
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Un pour tous - saison 2
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LE COURS DES CHOSES

Avec la période de confinement, les démarches initiées en collège ont connu quelques changements, également quelques aménagements et surprises. Le moment est venu de présenter ce qui a été finalisé par les élèves, les enseignants et les intervenants. Cet espace de diffusion rapporte nombre de témoignages visuels, sous des formats à la fois fixes et animés, et invite les visiteurs à une découverte différenciée : en cela par projet identifié ou d’une manière plus aléatoire.